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Assurance partie commune copropriété : obligations légales, garanties indispensables et bonnes pratiques pour le conseil syndical

Assurance partie commune copropriété : obligations légales, garanties indispensables et bonnes pratiques pour le conseil syndical

Assurance partie commune copropriété : obligations légales, garanties indispensables et bonnes pratiques pour le conseil syndical

En matière de copropriété, l’assurance des parties communes fait partie des sujets qu’on traite souvent trop vite en assemblée générale. Tant que rien ne brûle, ne fuit, ne tombe ou ne se fissure, tout le monde vote « pour » sans trop regarder. Jusqu’au jour où un sinistre survient… et que l’on découvre, parfois trop tard, que les garanties ne suivent pas.

Dans cet article, je vous propose de passer en revue, de façon très pratico-pratique, ce que tout conseil syndical devrait savoir sur l’assurance des parties communes : obligations légales, garanties vraiment indispensables, points de vigilance dans les contrats et bonnes pratiques pour sécuriser la copropriété.

Ce que la loi impose vraiment en matière d’assurance des parties communes

Depuis la loi Alur, la question ne se pose plus : toutes les copropriétés doivent être assurées. Ce n’est plus une option, c’est une obligation.

Deux volets sont à distinguer :

L’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose au syndicat des copropriétaires une assurance responsabilité civile pour couvrir les dommages causés aux tiers par l’immeuble, les équipements communs ou la faute du syndicat lui-même (mauvaise maintenance, retard de travaux, etc.).

En pratique, cette RC est quasi toujours intégrée dans un contrat multirisque immeuble. Mais attention : le minimum légal n’est pas forcément suffisant pour protéger réellement la copropriété.

Un point important : l’obligation d’assurance vise le syndicat des copropriétaires, pas le syndic à titre personnel. Le syndic est seulement chargé de faire voter, souscrire et gérer les contrats au nom du syndicat. Par conséquent, le conseil syndical a toute légitimité pour contrôler, questionner et proposer des améliorations.

Parties communes, parties privatives : bien tracer la frontière

On parle beaucoup d’assurance des « parties communes », mais sur le terrain, la frontière avec le privatif n’est pas toujours aussi nette qu’on le pense. Or, c’est précisément cette frontière qui conditionne la prise en charge des sinistres.

Rappel rapide :

Problème fréquent : certains règlements de copropriété sont anciens, incomplets ou ambigus. Résultat : au moment du sinistre, l’assureur joue sur cette incertitude pour limiter son intervention, et chacun essaie de refiler la facture à l’autre (copropriété, occupant, assurance habitation).

Le conseil syndical a tout intérêt à :

Une simple ligne mal comprise peut faire basculer des milliers d’euros de réparation d’un budget à un autre…

Les garanties indispensables dans un contrat d’assurance des parties communes

Un bon contrat d’assurance des parties communes doit couvrir au minimum les risques suivants. Si l’un manque, le conseil syndical doit s’interroger.

Elle couvre les dommages causés :

Point de vigilance : le montant des plafonds de garantie. Un plafond trop bas peut laisser un reste à charge considérable en cas de sinistre grave (chute d’un balcon, incendie avec blessés, etc.).

Dans un immeuble, c’est le sinistre le plus fréquent : fuite sur canalisation commune, infiltration par toiture, défaut d’étanchéité de façade, etc.

Le contrat doit clairement couvrir :

Astuce pour le conseil syndical : demander précisément où s’arrête la prise en charge de l’assureur de l’immeuble et où commence celle des assurances habitation (et PNO) des copropriétaires. Moins il y a de zones grises, moins il y a de conflits.

Cela paraît évident, mais il est utile de vérifier :

Les équipements communs sont de plus en plus nombreux et chers : VMC, portail automatique, vidéophonie, alarme, contrôle d’accès, pompe de relevage… Un dommage électrique mal couvert peut coûter cher au budget de la copropriété.

Vérifiez notamment :

En cas d’arrêté de catastrophe naturelle, ces garanties prennent le relais. Elles sont souvent intégrées d’office, mais il est important de vérifier les plafonds et les conditions d’application.

Halls vitrées, portes automatiques, verrières, marquises : ces éléments coûtent cher à remplacer. Assurez-vous qu’ils sont bien couverts, avec un plafond suffisant.

Non obligatoire, mais très utile. Elle permet de :

Pour un conseil syndical, disposer d’un interlocuteur juridique direct peut faire la différence dans un dossier de sinistre complexe.

Et la dommage-ouvrage dans tout ça ?

La garantie dommages-ouvrage (DO) ne couvre pas l’immeuble en permanence, mais elle est essentielle en cas de gros travaux touchant au bâti (ravalement avec ITE, réfection de toiture, travaux structurels, réhabilitation de réseaux, etc.).

Elle a pour vocation de :

Beaucoup de copropriétés hésitent encore à la souscrire, en raison de son coût. Mauvais calcul. En cas de malfaçons lourdes, l’absence de DO peut se traduire par :

Le conseil syndical a tout intérêt à intégrer la question de la DO dès la préparation des travaux, et à la présenter clairement en AG, avec des exemples à l’appui.

Les pièges fréquents dans les contrats d’assurance des parties communes

Dans beaucoup d’immeubles, le contrat d’assurance est reconduit automatiquement pendant des années, sans réelle remise à plat. Résultat : des garanties obsolètes, des exclusions méconnues et des franchises délirantes.

Voici quelques points sur lesquels le conseil syndical devrait être particulièrement vigilant.

Un contrat pas cher, mais avec des franchises très élevées, peut coûter bien plus cher à long terme à la copropriété. Sur des sinistres récurrents (dégâts des eaux, vitre cassée, panne d’équipement), la franchise mal calibrée finit par plomber le budget.

Questions à se poser :

Ce sont souvent les petites lignes que personne ne lit… jusqu’au sinistre. Quelques exclusions fréquentes :

Le conseil syndical doit demander au syndic une liste claire des principales exclusions et vérifier qu’elles sont compatibles avec la réalité de l’immeuble.

Un immeuble peut être assuré pour un montant trop bas (sous-assurance) ou au contraire trop haut (sur-assurance). Dans le premier cas, l’indemnisation sera réduite en proportion en cas de sinistre lourd. Dans le second, la copropriété paye une prime inutilement élevée.

Bon réflexe : demander tous les 5 à 10 ans (ou à l’occasion de gros travaux) une actualisation de la valeur de reconstruction, éventuellement via une estimation professionnelle.

Certaines options font une vraie différence en pratique :

Sur le papier, ce sont des « options ». Sur le terrain, elles peuvent alléger considérablement la gestion d’un sinistre majeur.

Le rôle clé du conseil syndical dans la gestion de l’assurance

Le syndic gère les contrats, mais le conseil syndical ne doit pas se contenter d’être spectateur. Il a plusieurs rôles stratégiques à jouer.

Au moins tous les 3 à 5 ans, il est utile de :

Une copropriété qui a peu de sinistres mais paie très cher a sans doute une marge de négociation ou d’appel d’offres.

Le marché de l’assurance copropriété est concurrentiel. Le conseil syndical peut demander au syndic :

L’objectif n’est pas de choisir systématiquement le moins cher, mais le plus adapté au profil de la copropriété.

Le conseil syndical peut demander au syndic un tableau de bord des sinistres :

Ce suivi permet de :

Une bonne part des tensions autour des sinistres vient d’un manque d’information. Le conseil syndical peut :

Moins il y a de surprises le jour où un dommage survient, mieux se passe la gestion collective.

Bonnes pratiques pour un conseil syndical proactif

Pour finir, quelques habitudes simples à mettre en place qui font gagner du temps, de l’argent et des nerfs à tout le monde.

Réaliser régulièrement (par exemple tous les 2 ans) :

En cas de sinistre, disposer d’un état « avant » facilite la discussion avec l’expert et limite les contestations sur l’ampleur des dommages.

Qui prévient le syndic ? Dans quel délai ? Qui prend les photos ? Où sont les coordonnées de l’assureur ? Cela peut sembler basique, mais dans l’urgence, un petit mémo affiché dans le local du conseil syndical ou transmis aux copropriétaires fait gagner un temps précieux.

Par exemple :

Avant tout gros chantier ou même un simple contrat d’entretien, le conseil syndical peut demander au syndic :

Cela évite que la copropriété se retrouve en première ligne pour des dommages clairement imputables à un prestataire.

Trop souvent, les discussions sur un sinistre compliqué se font par téléphone, sans trace écrite. Le conseil syndical a intérêt à :

En cas de désaccord sérieux, disposer d’un historique sérieux est un atout.

En résumé, l’assurance des parties communes n’est ni un sujet purement technique réservé au syndic, ni un simple poste de dépense à valider machinalement en AG. C’est un véritable outil de protection du patrimoine collectif, qui mérite l’attention du conseil syndical.

En prenant le temps de comprendre les garanties, de lire ce qui est réellement couvert (et ce qui ne l’est pas), de suivre les sinistres et de mettre en concurrence les assurances quand c’est pertinent, le conseil syndical joue pleinement son rôle : défendre les intérêts des copropriétaires, aujourd’hui… et le jour où ça se complique.

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